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La Genèse d'un Roi-Assassin

 
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Sarkath


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Joined: 16 Aug 2009
Posts: 18

Localisation: nancy

PostPosted: 16/08/2009, 16:51    Post subject: La Genèse d'un Roi-Assassin

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Ilmek leva la main, signalant une halte attendue depuis plusieurs heures. A peine le poing dressé, il entendit les soupirs de soulagement de ses soldats ainsi que le fracas mat de leurs bardas touchant le sol, aussitôt suivis de leurs corps harassés. Le capitaine ôta son heaume, révélant une chevelure noire trempée de sueur, encadrant un visage rude et sanguin. Un court bouc de jais frisottait sur son menton, soigneusement entretenu chaque matin. Sa main vint masser son front, avant que lui-même ne s'affaisse à terre.

La poussière de la route avait asséché sa gorge sur des lieues. Avec un soupir de reconnaissance, il accepta l'outre que lui tendit Barok, son second. L'eau rafraîchissante coula le long de son gosier, emmenant avec elle une partie de sa fatigue. Il jeta ensuite un oeil en arrière, où pas moins de deux milles guerriers s'épaulaient mutuellement. Il fallait dire qu'il était extrêmement fier de ses hommes, même s'ils risquaient tous d'y passer dans les jours qui suivaient... peut-être même que cette pensée les paraît d'un plus grand éclat encore qu'à l'accoutumée.


- Ilmek...

L'intéressé tourna son regard vers celle qui venait de l'appeler, et un sourire amusé naquît sur ses lèvres. Shara, avec ses longs cheveux emmêlés et crasseux, la bouche craquelée et sentant aussi fort qu'un cochon, n'avait rien de la belle courtisane que ses faits d'armes et sa facilité avec les femmes auraient pu lui procurer. Néanmoins, la guerrière avait un éclat intérieur sauvage et libre qui jamais rien ne pourrait lui ravir, et qui l'avait attiré comme la flamme d'un feu envoûtait irrésistiblement un papillon de nuit.

- Qu'y a-t-il, tigresse ? On ne t'a pas encore donné ton quartier de viande ?
- Si, et heureusement pour toi, répliqua-t-elle d'un ton faussement hostile. Puis, radoucie : Ilmek, es-tu certain de... de ce vers quoi nous marchons ?

Le capitaine réprima un gémissement. Fatalement, ça devait arriver. Le silence ne pouvait être maintenu dans le doute, et qui mieux que sa fiancée pouvait déceler ses propres hésitations ?

- Je ne suis pas certain que ce soit l'heure et le lieu d'en discuter.
- Je te connais : ça ne le sera jamais.
- Ecoute, Shara... loin de moi l'envie de te cacher quoi que ce soit, d'autant plus si tu es autant concernée que moi. Mais ce que tu veux savoir, tu l'apprendras bien assez tôt.
- C'est ce que je déteste le plus chez toi : ton envie de me protéger, cracha la jeune femme avant de se détourner d'un air boudeur et de se fondre dans la masse agitée des soldats.

Ilmek poussa un énième soupir. Personne n'était parfait, après tout...


- Capitaine ?
- Barok, un souci ?
- Pas exactement. Je voulais juste savoir si nous continuions à marcher après la pause, ou non.

L'officier lui jeta un regard interloqué.

- Qu'est-ce qui te fait croire que nous allons encore crapahuter aujourd'hui ?

Une expression de malaise passa sur le visage du lieutenant.

- Eh bien... sauf votre respect, capitaine, vous menez les hommes à un train d'enfer depuis six jours... et on ne sait toujours pas vers quoi nous allons réellement.

Ilmek prit brutalement conscience de cette vérité. La fatigue qui régnait sur le campement improvisé était profonde, et la loyauté de ses soldats était vraiment admirable pour qu'ils l'aie suivi ainsi à cette allure. Il comprit que le temps des révélations approchait, et ça ne lui plaisait pas du tout.

- Je vois. Ordonne le camp, on se repose jusqu'à demain.
- Bien, capitaine, fit Barok, dépité de ne pas avoir de réponse à sa question à peine voilée. Il s'en fut d'un pas lent, et jamais Ilmek ne l'avait vu si abattu.

***


- QUOI ?!
- Ne m'engueule pas ! protesta le capitaine. Ce n'est pas ma faute.
- Comment ça, pas ta faute ? Tu es le chef ou non ? Nous sommes des mercenaires, Ilmek, et nous refusons les contrats trop dangereux ! C'est ta propre philosophie...
- Je le sais bien. Mais réfléchis un peu ! Te rends-tu compte de ce que représente cette somme fabuleuse ?
- Évidemment que je m'en rends compte. Mais à quoi me servira-t-elle, poursuivit Shara d'un ton malheureux, lorsque nous serons tous six pieds sous terre ?
- Écoute... nous devons absolument réussir. Ce sera notre dernier combat, notre ultime foutue bataille de notre errance pourrie.
- Oui, ça sera la dernière. Parce qu'on va tous y passer !
- Aie un peu confiance en moi, murmura Ilmek en la prenant par les épaules.

Un courant électrique les traversa tous deux. Instinctivement, leurs lèvres se cherchèrent, avant de se trouver au milieu d'une mer de peur et de tendresse. Un gémissement étouffé monta du gradé comme la chaleur bienfaisante naissait à la fois dans ses reins, sa nuque et son ventre. Au cours de la nuit, il s'abandonna totalement, libérant ses angoisses et ses appréhensions en les confiant à son amour. Sans doute savait-il déjà qu'ils mourraient tous...

***


- Ecoutez-moi.

Les soldats le fixaient tous avec avidité. Enfin, leur objectif allait être dévoilé. Enfin, l'attente serait levée...

- Notre ennemi de demain est une fourmilière. La Reine Kanjô nous emploie afin de mettre à sac la cité adverse. Je dois aussi vous avouer que si nous réussissons, chacun verra sa récompense suffire à vivre comme un seigneur pendant tout le reste de sa vie... Évidemment, si la Reine est capable de tant de prodigalité, c'est parce que les survivants seront rares. La fourmilière abrite plus de dix milles soldats.
- Capitaine. Vous nous prenez pour qui ? Des idiots suicidaires ?

Un silence pesant se fit sentir, avant qu'Ilmek ne se redresse de toute sa hauteur. Un feu infernal luisait dans ses yeux durs, et sa voix porta avec le roulement grave du tonnerre.

- Des idiots suicidaires ? Non, oh que non... je vous prends pour les soldats d'un capitaine qui a traversé le feu de cent combats, je vous prends pour les tueurs chevronnés que vous étiez jusqu'ici ! Je vous ai toujours pris pour la légion conquérante d'Ilmek, pour les Chacals des Plaines comme on nous appelle à Terrak et pour les Corbeaux de Bataille qui ont écrasé Jiganju ! Pour les Chiens de Guerre de la forêt Sabros ! Je vous ai toujours pris pour les Immortels qui marchaient aux côtés des morts, en cadence et en rythme ! Pour les fantômes désespérés, pour les criminels de toute humanité, pour les assassins de tous peuples ! Pour les sans-familles, les sans-amis, avec pour seuls potes et pour seuls frères vos compagnons d'armes ! Depuis quand nous sommes-nous retrouvés à Darris ? Cela fait seize ans que notre compagnie s'est réunie... nous étions dix-sept mille alors ! A présent, notre errance prend fin, notre tourment s'achève, notre fardeau tombe ! Une dernière fois, une dernière fois il nous faut vaincre ou mourir ! Une dernière fois, il nous faut porter le flambeau de la guerre aux portes de l'ennemi, et frapper dans un colossal baroud d'honneur, pour tuer ou être tué, pour voir le bout du tunnel, qu'il nous mène aux limbes ou à la fortune !

La diatribe enflammée percuta les rangs de plein fouet, comme un éclair survenu du ciel limpide.

- Mais je vous promets une chose, Chacals, gronda Ilmek. Si un seul d'entre-nous devait s'en sortir vivant, qu'il jouisse de sa vie pour ses mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf frères et soeurs tombés au combat ! Et, quand bien même aucun d'entre nous ne devait survivre à demain... sachez que jamais le monde n'oubliera la charge terrifiante des Chacals d'Ilmek !

L'orage se répandit d'applaudissement et de clameurs.


***


- Rien de tout cela n'était vrai, hein ?
- Que veux-tu dire, Shara ?
- Tes jolis mots... ils sont bien remontés, mais cette fois tu leur as vraiment menti.
- C'est vrai. Personne ne se souviendra de nous.

***


Le fracas sanguin de la bataille. Partout, des morts et des vivants qui se heurtent. Le tintement du métal contre le métal, de la chair contre la chair, de la haine contre la haine. La survie pour la survie... la lutte de la vie n'avait jamais été aussi féroce aux yeux d'Ilmek. Personne n'avait compris pourquoi cette bande de guerriers avait assailli la cité, mais il avait été décidé qu'elle serait anéantie dans la plaine, avant d'arriver aux portes de la fourmilière.

Une douleur cuisante vrilla soudain la cuisse du capitaine. Avec un regard suffoqué, il vit la large entaille qui dégouttait de sang. L'os se voyait, mais ça ne le pliait pas de douleur. Bizarre. Le ciel venait de se renverser. Pourquoi la terre lui tournait-elle le dos ? Elle l'avait vu naître... l'abandonnait-elle ?
Dans un sursaut, le capitaine se retourna, plongeant son visage dans la boue de sang et de larmes.


- Ne me tourne pas le dos...
- Ilmek...

La voix de Shara lui parvenait. Il regarda sur le côté et vit son aimée. Le regard vitreux, voilé, elle articulait encore péniblement. Le sang maculait son visage, tandis que son épaule laissait s'échapper un filet pourpre. Il sentit le contact de ses doigts, vaguement, sans pouvoir savoir précisément où.

- Je ne te tournerai jamais le... le dos...

Soudain, un choeur cuivré retentit, comme si une armée d'oliphants venait de rugir... Et les ténèbres s'emparèrent de lui.

***


- Que... où... je... je suis mort ?

Pourquoi sa voix était-elle si caverneuse ? Et pourquoi ne voyait-il rien ?

- Non, Roi-Assassin, vous n'êtes pas mort, lui parvint une voix sifflante et assourdie.
- Alors, pourquoi ne puis-je discerner ce monde ? Ne suis-je plus qu'un esprit libéré ? Je suis pourtant si lourd...
- Nous avons recueilli votre dépouille, Seigneur.
- Alors, je suis bien mort ?
- Vous ne l'êtes plus.
- Comment est-ce possible ?
- Je dois donc vous informer de tout, Seigneur ?
- Oui.
- Alors, écoutez et retenez. Vous êtes en la cité d'Haramörl. Notre Reine est constamment en transe, et tandis qu'elle pond, elle récite ses prophéties obscures, dont parfois le sens ne nous apparaît que des décennies après qu'elles fussent énoncées. Ses paroles sont soigneusement retranscrites et le Conseil des Anciens les déchiffre pour leur donner un sens. La plus importante que nous ayons comprise indiquait votre venue.
- Eclairez-moi...
- " Il viendra à vous au milieu du charnier
Mille lieues à l'est et au nord mille pieds
Son corps sera étreint par la mort
Et le massacre résonnera au milieu des cors

Il sera votre maître et suzerain
Votre chef de guerre et Roi-Assassin
Il complètera le trio du pouvoir
Et vous mènera à la victoire."
- Je ne comprends rien.
- Vous comprendrez, l'assura la voix. Et ce qui lui fit le plus peur, avant qu'il ne sombre à nouveau, ce fut l'absolue certitude qu'il comprendrait...
_________________
"Au nom du Conseil, de la Reine et de notre Roi-Assassin, à la guerre !"

~ Que sonnent les cors et que rugissent les trompes... je n'entends déjà plus que ton coeur qui bat et que ma lame appelle... ~

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PostPosted: 16/08/2009, 16:51    Post subject: Publicité


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TOMUS


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Joined: 14 Oct 2008
Posts: 207

Alliance (s1): -100-
Localisation: Dans la loge à mnemosyne

PostPosted: 16/08/2009, 20:19    Post subject: La Genèse d'un Roi-Assassin

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j'ai tout simplement adoré, c'étais long mais passionant

pour un fan de RP comme moi c'est un cadeau assez beau
_________________

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Sarkath


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Joined: 16 Aug 2009
Posts: 18

Localisation: nancy

PostPosted: 17/08/2009, 12:40    Post subject: La Genèse d'un Roi-Assassin

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Il n'avait pas tort.

J'appris rapidement que Falir n'avait jamais tort. Quoi qu'il dise, quoi que l'homme à la voix chuintante puisse déclarer, cela s'accomplissait. Je devais aussi savoir que Falir était un personnage à part dans la fourmilière. Il n'était pas un membre du Conseil, mais avait été désigné il y avait vingt-sept ans de cela par une autre prophétie de la Reine, comme étant le "Compagnon du Champion". Le Champion, c'était moi. Ca, ça faisait depuis ce matin que je le savais ; laissez-moi vous le raconter...

***


- Roi-Assassin ? Puis-je entrer ?
- Seulement si tu cesses de m'appeler ainsi ! grondai-je d'une voix rauque, les parois de mon casque maudit renvoyant mes propres paroles dans un écho railleur et grotesque.

Je me haïssais... pour ce que j'étais.


- Roi-Assassin vous êtes, tel vous devez être nommé, susurra Falir en se glissant dans mes appartements.
- Roi-Assassiné serait plus juste.
- Mais tellement faux !
- Je vais profiter de ta présence, Falir. Toi qui sait tant de choses sans que je puisse savoir comment... pourquoi un tel sobriquet m'a-t-il été donné ?
- Il est dit que vous avez mené votre propre peuple à la mort.

Je repensais aux Chacals. A Shara. Les larmes me vinrent aux yeux, yeux pourtant morts.


- Est-ce vrai ?
- C'est vrai, répondis-je d'un ton métallique.
- Votre armure vous gêne-t-elle ? demanda-t-il subitement.

On m'avait ramené des morts par une sorcellerie étrange. Mes restes encore chauds avaient été engoncés dans cette armure funeste, d'où je ne devais jamais sortir. Ainsi animé d'une énergie aussi maléfique que corrompue, je pouvais encore accomplir mon destin sur cette terre. La mort semblait à jamais s'éloigner de moi, me laissant pantelant dans ce semblant d'existence.


- Aucunement.
- Parfait...
- Falir, je décèle dans tes propos une hésitation qui n'est plus de mise. Pour quelle raison souhaitais-tu me voir ?
- Ce que j'ai à vous annoncer n'est guère réjouissant.
- Comme si ma position l'était, ricanai-je.
- "Il aura été ravivé du néant
Relevé des mourants
Recouvert de l'acier immortel
Il est le Champion éternel.

La guerre le poursuivra
Et tous ses proches mourront
Sous les coups qui l'auront
Visé, mais il ne mourra pas."
- Je ne suis pas d'humeur à déchiffrer les élucubrations de la Reine.
- Le Conseil est certain que vous êtes un guerrier prodigieux, immortel dans votre armure. Vous ferez la guerre jusqu'à la fin des temps : c'est aussi simple que cela.

Falir ne se trompait jamais.

- Hors d'ici, murmurai-je d'une voix blanche.
- Seigneur ?
- DEHORS !

***


C'est ainsi que je complétais le trio du pouvoir : la Reine énonçait le destin de la cité et de ses dirigeants. Le Conseil gouvernait tout en interprétant les prophéties absconses, et moi-même était censé tenir le rôle de stratège. Mais quelle était cette fourmilière que je ne connaissais pas, qui n'était pas mienne, qui m'avait adopté selon la volonté d'une pondeuse constamment en transe et selon la croyance d'un cercle de vieillards décatis ?

Mais malgré tout cela, ils m'avaient ressuscité... leur pouvoir dépassait mon entendement. J'étais aveugle. Je ne pouvais plus rien toucher, ni sentir, ni goûter. Je ne mangeais plus. Ne buvais plus, bien que je dormisse. Et je vivais, contre toute attente, contre toute espérance. Avec pour seule destinée, une longue route jonchée de cadavres, baignant dans le sang et les larmes...
A quelle monstrueuse servitude étais-je donc réduit ? Ce n'était plus de la mort, ce n'était plus de la vie, c'était au-delà. Au fil des étoiles et des siècles, j'étais censé me battre. Pour qui ? Pour quoi ? Comment, et quand, et contre quels adversaires ? Falir ne savait pas, mais il m'assurait que je devrais lever d'innombrables fois l'épée. Il n'en doutait pas une seconde, et je le croyais.


***


- Roi-Assassin ?
- Tu me nommeras donc toujours ainsi ?
- Je crains que oui.
- Entre.

Le pas feutré de Falir se fit entendre.

- Falir, explique-moi ce que sont ces visions.
- Ces visions ?
- Tu n'ignores pas que je suis aveugle ?
- Bien sûr que non. Quand nous vous avons trouvé, vos yeux étaient injectés de sang, totalement rouges. Toutefois, nous savions que vous ramener à la vie ne vous rendrait pas la vue.
- Alors explique-moi pourquoi je te discerne.

Ma main s'avança et crocha son col. Mû par une force que je ne pensais pas posséder, je le soulevai de terre pour le plaquer contre un mur. Lorsqu'il parla, je ne perçu aucune appréhension pouvant l'habiter. Pas la moindre étincelle.

- Vous ne pouvez voir que la mort. Décrivez-moi ce que vos yeux vous disent.
- Je ne vois qu'un amalgame confus de noir et de gris sombre. La pièce est indéfinie, tangante et incertaine. Tes habits sont flous, tout de ténèbres. Ta chair vacille entre la fumée huileuse et une noirceur coulante.
- Vous ne discernez rien avec vos yeux, Roi-Assassin. Le heaume que vous revêtez n'abrite aucune visière. Tout ceci n'est que la mort en sursis.
- Éclaire-moi !
- Je ne peux être plus clair ! Vous ne sentez que la mort, la déchéance, la décadence, le temps qu'il reste à chaque individu ! Quelle nuance indique quelle durée, je n'en sais strictement rien, c'est à vous de le découvrir ! Votre don est très puissant, mais c'est aussi une malédiction. A vous de vous prendre en main !

Je le lâchai, atterré. Mes doigts recouverts de métal vinrent tâter mon casque ; il disait vrai. Aucune ouverture n'était pratiquée dans la muraille impénétrable de mes protections. Falir... disait toujours vrai.
Soudain, une voix timide nous parvint, son auteur se tenant derrière la porte menant à mes appartements.


- Roi-Assassin ?
- Quoi ? feulai-je
- La... La reine...

Dans le brouillard spectral et obscur qui était désormais mon monde perceptif, je sentis que Falir me dévisageait, et il y avait de l'horreur dans ses yeux.

- Eh bien, parle !
- La Reine vous demande, Roi-Assassin...

Le choc était de taille. La Reine, me mander ? La Reine, constamment plongée dans sa méditation divinatoire, la Reine inconscience de ce qui l'entourait et qui déclamait ses vers prophétiques, la Reine qui venait de sortir de sa transe pour demander une personne... moi-même ?


- Allez-y ! me pressa Falir. C'est sans précédent, ne tardez pas !
- Je... très bien.

Poussé par un sentiment de panique, je sortis en trombe de mes quartiers, projetant au sol le messager éberlué. Je franchis les couloirs fuligineux de la fourmilière, traversant corridor de ténèbres sur corridor de ténèbres. Finalement, je débouchais dans la Loge Impériale, où reposait la Reine. Son regard habituellement absent se posa sur moi, et jamais je n'avais senti yeux si perçants me glacer. J'avais l'impression d'être cloué sur place par le simple fait qu'elle reporte son attention sur moi.

- C'est bien toi, le Champion éternel...
- Bien que je n'aimasse pas non plus cette dénomination, je préfèrerai que vous me nommiez Roi-Assassin. Le tragique absolu du second m'épouvante plus que la cruelle ironie du premier.
- Serait-ce une intimation ? s'enquit doucement l'être vénérable.
- Nullement, rien qu'un protocole.
- Quel était ton nom, avant que nous te ramenions d'entre les morts ?
- Je...

L'effroi me paralysa. C'était vrai... quel était mon nom ?


- Je l'ignore, ma reine.
- Peux-tu dire la couleur de mes yeux, Roi-Assassin ?
- Pas davantage, ma reine.
- Alors, il te faut ouvrir les yeux.
- Ils sont morts, et bien morts, suzeraine.
- Je le sais. Mais j'ai un remède à cela.

L'espoir jaillit en moi comme un geyser fulgurant, me brûlant et me gelant à la fois.

- Vous moquez vous ?
- Jamais. Sache juste qu'il te faut trouver la Flamme qui s'Elance, et t'ouvrir les yeux avec...
- Je ne suis pas doué pour déchiffrer les prophéties, ma Reine !
- Ça n'en est pas une. Rien qu'un conseil.
- Et pourquoi me le donnez-vous, à cet instant entre mille ?
- Parce que si tu demeures aveugle et plongé dans ton monde de fantômes, te réveiller n'aura servi à rien et nous sombrerons tous dans le chaos.

Et avant que je ne puisse répondre, je sentis sa conscience la quitter comme elle replongeait dans sa transe salvatrice s'étendant sur des millénaires.

- Non, ne partez pas ! Vous devez... vous devez m'éclairer ! Je n'en sais pas suffisamment ! Ma reine ! implorai-je. Mais rien n'y fit. C'est lorsque je commençai mes menaces que Falir m'entraîna hors de la pièce. Une fois le battant refermé, je sentis mes genoux se dérober sous moi... et malgré ma douleur, je ne pu pleurer. Alors seulement je compris l'importance et l'urgence de ce que la Reine venait de me confier.
_________________
"Au nom du Conseil, de la Reine et de notre Roi-Assassin, à la guerre !"

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Sarkath


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Joined: 16 Aug 2009
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Localisation: nancy

PostPosted: 18/08/2009, 12:27    Post subject: La Genèse d'un Roi-Assassin

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- Que suis-je censé faire ? murmurai-je à part. J'étais chaque jour plus tourmenté par ce monde de néant et de limbes sulfureuses. Je n'avais même pas la possibilité de clore les paupières pour y échapper, d'une parce que je n'étais pas certain d'en posséder encore, et de deux car ce n'était pas par mon regard que je discernais cet univers de mort et de pourriture. Etait-ce l'Enfer ? Pouvais-je avoir cette vie de non-mort mais être toutefois happé par les démons grimaçants et invisibles qui me soumettaient à cette torture ? A quoi bon exister, si c'était pour avoir cette misérable et seconde errance.

- Roi-Assassin ?
- Entre, lâchai-je d'un ton morne. Falir pénétra dans ma chambre et vint se tenir à côté de moi.
- Savez-vous que le Conseil a abandonné toutes affaires cessantes pour se consacrer entièrement à cette Flamme qui s'Elance ?
- Non.
- Voilà qui est fait. Mais je ne viens pas seulement pour ça... En réalité, ils ont trouvé ceci. Un texte ancien qui avait disparu des mémoires.
- En quoi cela m'intéresse-t-il ?
- Il traite de la Flamme qui s'Elance.
- Diable ! grondai-je. Donne-le-moi !
- Je suis en train... de vous le tendre, balbutia-t-il.

Je me concentrai intensément. Sa silhouette diffuse et obscure se tenait à plusieurs pas de moi... la panique menaça de m'envahir. La cécité totale, l'oblitération de toute perception valait-elle mieux que cette vue de la tombe ?


- Met-le dans ma main.

Il obtempéra et je j'entendis vaguement le bruissement du papier contre ma paume de fer. Pourtant, malgré tous mes efforts, je ne pu voir l'écrit.


- Lis-le-moi !
- Comme vous voudrez. Il est écrit ceci : "Alors que le monde était encore beau et jeune, alors que le monde avait encore ses couleurs vives et tournoyantes, avant que la fadeur et la froideur de la guerre ne viennent le ternir, existait ce peuple sur l'île d'Akhra. Un peuple ? Une civilisation, rude et barbare, mais aussi étrangement raffinée et disciplinée, à leur manière. On les appelait les Barbares d'Outre-Mer. Leur chef se prénommait..."
- Eh bien ? Continue !
- Je bute sur ce mot, Roi-Assassin.
- N'arrives-tu pas à le déchiffrer ?
- Si. Mais c'est comme si une force supérieure m'empêchait de le prononcer.
- Vraiment ?
- Je n'ai jamais été aussi sérieux, Roi-Assassin.
- Passe donc outre.
- Un passage raconte toute leur histoire. Je vais vous le résumer.
- Surtout pas ! Je veux entendre chaque détail.
- Soit. Mais c'est écrit à la façon d'une épopée, permettez-moi au moins de passer les premiers paragraphes.
- Je te fais confiance. Amène-moi à ce qui m'intéresse.

Falir me conta alors l'histoire triste et tragique d'un peuple qui fut mené à la mort par la vengeance, d'un peuple qui annihila son ennemi ancestral mais qui pérît presque en sa totalité dans la tâche. Je ne tardais pas à comprendre que les protagonistes n'étaient autre que des araignées, entraînées dans une guerre fratricide et absolument sanglante. En réalité, cet ouvrage tenait de l'hérésie et du blasphème... comment avait-il été conservé dans les archives de la fourmilière ? Pourquoi ?

Je rabâchais le passage qui m'intéressait, m'interrogeant sans cesse.

"Anglachel l'Ardente, la Flamme qui s'Elance

Les paroles d'Arach convainquirent Mormegil de sa bonne foi et le dieu sortit des arbres d'où il se dissimulait. Le jeune arachnide recula de frayeur devant la puissance du dieu mais celui-ci l'assura qu'il ne lui ferait aucun mal. S'emparant d'une souche, il la tendit à Arach. Le forgeron éclata de rire, et s'empara doucement d'une branche qu'il planta au milieu de la souche. Quand Mormegil lui demanda pourquoi il avait fait cela, Arach lui renvoya la même question. Amusé par son insolence, le Chasseur brisa le bout de la branche et lui dit : "Tout ce que tu fais, je peux le défaire." VifEsprit répondit : "Tout ce que tu peux défaire, je peux m'en accommoder." Et il saisit la souche en guise de garde et la branche désormais acérée fit office de lame.

Le dieu sensible releva autant le défi que l'éloge dans l'affirmation de l'arachnide rusé. Il lui dit : "Je vais t'armer mieux que cela, comme ton esprit est bien équipé, ton corps se doit de l'être."

Et il prit un morceau d'étoile, le façonna de ses doigts agiles. Il tendit le bout de ciel à Arach : "Prends-en soin, car elle se nomme Anglachel l'Ardente. Ce sera le signe de ma bénédiction à ta Maison et à ta Lignée."

Chap.III, Vs.LXIX, Cmp.VI des Compiles Synéréennes"

"Comme des enfants s'en allant retrouver leur père au milieu du chaos, les guerriers convergèrent vers leur roi en laissant derrière leurs pas hâtifs des séries d'ennemis blessés et choqués devant ces mouvements simultanés et coordonnés. "Le fameux nom imprononçable" voyait son peuple aux abois se faire mettre en pièces par ceux qu'il avait promis d'annihiler. Brandissant Anglachel, l'épée du Roi, il jura aux cieux embrasés, prenant les Dieux à témoins, que jamais plus les araignées ne seraient décimées par d'autres araignées. Désormais, ce serait lui le Chasseur, le Squale qui traquerait les traîtres sans relâche, toujours affamé, toujours assoiffé de leur sang. "

Malgré tout, cette histoire somme toute très incomplète, non content de m'intéresser étrangement, semblait présager d'une tournure funeste. Quelque chose se cachait là-dessous, et si je devais trouver cette Anglachel, je devais d'abord connaître son histoire.


- Falir, va demander au Conseil de me dénicher tout ce qu'il peut trouver sur Anglachel.
- A vos ordres, Roi-Assassin, répliqua-t-il d'un ton où je ne pu démêler la moquerie de la simple docilité.

Une fois seul, je replongeais dans mes pensées noires. C'est alors qu'une idée aussi lumineuse qu'irrespectueuse me vint à l'esprit. Tel un bolide, je sortis de mes quartiers, traversant à nouveau toute la fourmilière pour arriver dans la Loge impériale. Les deux soldats en faction devant la lourde double-porte me regardèrent d'un air perplexe.


- Roi-Assassin ? Que désirez-vous ?
- Voir la Reine ! grondai-je. Écartez-vous de suite !
- Nous ne pouvons vous obéir, Seigneur.
- Au nom de quoi ?
- De notre tâche et de notre devoir ! Nous devons empêcher quiconque n'y est pas habilité de se présenter devant la Reine.
- Je l'ai déjà fait !
- Sur sa demande.
- Je vous laisse le choix : m'obéir, ou en subir les conséquences.
- Nous vous conjurons de ne rien tenter, Roi-Assassin. Vous êtes précieux pour l'avenir de la fourmilière.
- Alors, obéissez-moi !
- C'est impossible.

Je m'approchais lentement d'eux, pour bien montrer que je ne voulais pas les affronter. Je posais ensuite une main sur l'épaule de chacun d'eux, dans un geste conciliant.

- Écoutez...

Je crochais violemment leurs habits, avant de les cogner contre le mur, à bout de bras. Cette réanimation ou cette armure m'avait vraiment conféré une force prodigieuse. D'une brusque torsion du poignet, je muai ma prise en un étranglement d'acier. Leurs doigts crispés sur mes avant-bras ne purent strictement rien faire pour desserrer mon emprise... jusqu'à ce que je décide de les saisir finalement au menton et de les écraser contre la solide porte, encore et encore. Lorsque je les laissai retomber au sol, je ne savais pas s'ils étaient encore vivants, que ce soit par suffocation ou par fracture crânienne. Je poussais les battants dans un grand fracas.

- Ma reine, saluai-je avec une révérence moqueuse accompagnée d'un grand crissement de métal.
- Je savais bien que tu viendras, souffla-t-elle.
- Et moi que vous seriez éveillée. Pourquoi ne pas avoir prévenu les gardes en faction ?
- Parce que cela m'amusait.
- Cela vous... amusait ?! rugis-je. Vous aimez voir vos propres soldats se faire défoncer, dans le simple but de vous divertir ?
- Que crois-tu, Champion éternel ? susurra-t-elle dans l'obscurité. Que je suis une entité bienveillante et douce ? Rien que ce que tu sais, toi, arrive à te rendre violent et presque barbare. Alors imagine ce que ma propre connaissance, mon monstrueux savoir, a fait de moi...
- Je n'en ai rien à cirer de vous et de vos malheurs. Qu'est-ce qu'Anglachel ?
- Fut un temps où on l'appelait l'Epée du Roi.
- Je le sais déjà.
- Alors, de quoi as-tu besoin ?
- Ça ne me dit pas où elle se trouve !
- Qui porte une épée royale, Roi-Assassin ?
- Son souverain.
- Alors pourquoi ne le cherches-tu pas ?
- J'ignore son nom ! Falir n'a su me le dire.
- Tu as donc trouvé les Compiles Synéréennes.
- Le Conseil l'a fait pour moi.
- Mais toi, tu devrais pouvoir lire ce nom.
- Je ne suis même pas capable de voir la feuille où repose ces lignes !
- C'est parce que tu ne peux voir que la mort et la durée de vie donnée à chaque chose. Cet objet est immortel.
- Voilà aussi pourquoi mon reflet n'apparaît pas dans un miroir - pour moi, en tous cas.
- Exact. Ton armure est éternelle. Mais tu le savais déjà.
- Vous me l'avez annoncé un matin, il y a quelques jours... Ce qui ne me dit toujours pas comment je puis voir ce nom et me mettre en quête de son auteur.
- Tu n'en auras pas besoin. Va voir Falir, et demande-lui de t'emmener dans le Coeur.
- Le Coeur ?
- C'est cela même.
- Je le ferai.

Je détournais les talons, mais avant de sortir, je lui lançai une ultime question.


- Avez-vous vu que je réussirai dans mon entreprise ?

Un long silence suivit mon interrogation, avant qu'elle ne réponde finalement.

- Je n'ai rien vu.

Je m'en fus, plus désespéré que jamais.

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~ Que sonnent les cors et que rugissent les trompes... je n'entends déjà plus que ton coeur qui bat et que ma lame appelle... ~

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Sarkath


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Localisation: nancy

PostPosted: 19/08/2009, 13:05    Post subject: La Genèse d'un Roi-Assassin

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- Falir, qui es-tu vraiment ?
- Votre compagnon, je vous l'ai déjà dit...

Trou noir.

~

- Falir, pourquoi es-tu le seul en qui j'ai envie de faire confiance ?
- Seigneur, parce que je suis votre compagnon...

Trou noir.

~

- Falir. Puis-je avoir confiance en toi ?
- Vous savez bien que non, Roi-Assassin...

Trou noir.

~

- Falir, qu'est-ce que la confiance à tes yeux ?
- Excellente question, Roi-Assassin...

Trou noir.

~

- Ça ne peut plus durer.
- Qu'est-ce qui ne peut plus durer ?
- M'aideras-tu dans ma quête ?
- Toujours, vous le savez bien. Je mourrai à vos pieds pour vous permettre d'accomplir votre destinée.
- Alors pourquoi ne devrais-je t'accorder ma confiance ?
- Justement pour cette raison, Champion éternel...

~

- Je ne te suis pas.
- Vous êtes-vous déjà interrogé sur votre réelle envie de poursuivre votre destin ?
- ...

~

- Qu'est-ce que le destin, Falir ?
- La bénédiction des mourants et la malédiction des héros.

~

- Des deux, lequel suis-je ?
- Un héros qui est déjà mort mais pourtant doit craindre ce qui l'attend encore...

~

- Parfois, j'ai l'impression de te haïr.
- C'est que vous recommencez à vivre.

~

- Parfois, j'ai envie de te tuer.
- C'est que vous êtes vivant, car votre instinct de survie parle pour vous...

~

- Pourtant, tu ne me blesseras jamais ?
- Jamais.
- Je ne comprends pas.
- Votre destin est de vivre, Champion, et je ferai tout pour que votre renaissance ai lieu.
- C'est cela, la trahison ?
- C'est cela.

~

- Mon existence est pitoyable. Pourquoi ne voudrais-je pas quitter cette non-mort pour respirer à nouveau ?
- C'est que vous avez oublié ce que c'est que la Vie, Monseigneur...

~

- Falir, mène-moi au Coeur.
- Au Coeur ? releva-t-il en arquant un sourcil.
- Tu m'as très bien entendu.
- Qu'attendez-vous de ce lieu ?
- Je n'en sais strictement rien, mais il est censé me mener jusqu'au Roi dont tu ne peux prononcer le nom.
- Et le but de tout ceci est...?
- L'Epée du Roi serait ceinte à sa hanche, sans doute.
- Ainsi vous désirez toujours Anglachel l'Ardente.
- Plus que jamais.
- Il en sera fait ainsi...

Et il se leva, sans dire un mot de plus, avant de partir d'un pas rapide. Je le suivis après un moment d'hésitation, pestant contre sa précipitation. Les autres habitants de la fourmilière nous regardèrent avec des yeux ronds alors que nous franchissions le dédale en trombe. Je les discernais, ombres spectrales d'heures, de minutes et de secondes avant leur mort violente. Sans toutefois pouvoir prédire quand elle surviendrait...
Je m'inquiétais légèrement quand Falir s'enfonça de plus en plus profondément dans la fourmilière, au lieu de prendre la direction de l'extérieur.


- Le Coeur est-il dans la cité ?
- Oui, répondit-il sèchement.

Ce qui m'angoissa par la suite, c'est que le nombre de citoyens croisés diminuait à vue d'oeil, jusqu'à ce que nous marchâmes dans des corridors absolument déserts. Finalement, nous stoppâmes devant une porte monstrueuse, de métal rougeoyant et comme palpitant. Comme vivant...


- Il faut passer par là pour atteindre le Coeur, annonça Falir.
- Dis-m'en plus sur cet endroit.
- Qu'en savez-vous ?
- Rien, excepté ce que je t'en ai déjà confié.

Il ouvrit des yeux ronds.

- La mort fait-elle cet effet-là sur tous les hommes ?
- Je te demande pardon ?
- Ce n'est rien... le Coeur est appelé ainsi parce qu'on dit que c'est le coeur même de la vie. Tout ce qui est défunt y est rappelé un jour ou l'autre. Les âmes des guerriers tombés au combat s'y retrouve, de même que les créatures achevées par le temps. La mort n'est pas l'antipode de la vie, c'est son retour et sa continuité.
- C'est là l'origine du Coeur ?
- Telle que nous la connaissons, oui. De plus, tout ce qui est inanimé là-bas reprend conscience, les murs sont à l'écoute et les portes doivent mourir parfois pour qu'elles s'ouvrent, avant de renaître après quelques minutes. Ne vous y méprenez pas ; la vie n'a rien de beau ni de poétique. La mort fait partie de l'homme, et sans elle il devient fou ou pis.
- J'ai l'impression que ceux qui empruntent cette voie doivent supporter de bien terribles révélations.
- De toute évidence.
- Et j'ai aussi le sentiment profond que tu l'as déjà arpentée.
- C'est exact.
- Es-tu fou, Falir ?
- A vous de me le dire, rétorqua-t-il en haussant les épaules. Sommes-nous prêts à y aller ?
- Montre-moi le chemin.
- Comment cela ?
- Tu ne m'accompagnes pas.
- Roi-Assassin, je ne prendrai pas le risque que vous deveniez dément dans ces profondeurs. Je connais ce labyrinthe, pas vous. C'est miracle que j'en sois sorti lucide, et c'est sans doute lié à ma fonction de Compagnon du Champion. Mais vous... la Reine elle-même ne sait pas ce qui vous attend, n'est-ce pas ?

Je me raidis. Comment était-il au courant ?


- Ne t'en fais pas pour moi ; les sortilèges du Coeur n'auront aucun effet contre moi.
- Par quelle providence ?
- Je suis mort.
- Vous ne m'avez donc pas compris : les limbes refluent de ce territoire ! Le néant s'y estompe ! Les chairs mortes redeviennent vivantes, et vous-même devrez subir plus de milles morts ainsi que plus de milles naissances. Ne vous rendez-vous pas compte de la souffrance atroce que vous allez subir ici-bas ?

Je me tétanisais. J'avais cru que mon état me serait une force, mais non, ce sera au contraire une vulnérabilité extrême.


- Je ne l'avais pas vu sous cet angle-là.
- C'est pour cela que je suis votre compagnon, soupira-t-il. Y allons-nous ?
- Soit. Descendons au coeur de la vie, Falir...
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Babik


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PostPosted: 26/08/2009, 16:06    Post subject: La Genèse d'un Roi-Assassin

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mici beaucoup, c'est vraiment superbe, j'attend la suite avec impatience Okay Okay
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PostPosted: Today at 22:13    Post subject: La Genèse d'un Roi-Assassin


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